Cartographie de température : méthode, obligation et rapport
Une cartographie de température est une campagne de mesure qui enregistre, en plusieurs points d'une enceinte ou d'un local et en même temps, la température pendant une durée représentative de l'exploitation, pour établir sa répartition réelle : zones chaudes, zones froides, effet des portes et des dégivrages. Elle est obligatoire pour les zones de stockage de médicaments à usage humain, avant mise en service, au titre des lignes directrices européennes de bonnes pratiques de distribution (2013/C 343/01, point 3.2.1), et c'est elle qui dit où placer la sonde de surveillance permanente.
Une cartographie, c'est plusieurs capteurs sur la même horloge.
Des capteurs KelvinTag répartis dans l'enceinte enregistrent en continu, chacun horodaté à la source, et l'historique de chaque point s'exporte en PDF pour le rapport. Une fois la campagne finie, le capteur placé au point le plus défavorable reste : c'est la surveillance permanente que les lignes directrices demandent ensuite.
Quand la cartographie s'impose, et quand elle est simplement utile
Pour la distribution de médicaments, le texte est précis : une cartographie initiale de la zone de stockage avant mise en service, dans des conditions représentatives ; des dispositifs de surveillance placés d'après ses résultats, aux endroits où les fluctuations sont les plus fortes ; et une répétition selon l'analyse de risque ou à chaque modification significative du local ou de l'équipement. Pour les petits locaux à température ambiante, une évaluation des risques (chauffages, fenêtres) et un placement raisonné des sondes suffisent. En France, les bonnes pratiques de distribution en gros publiées par l'ANSM reprennent ces exigences.
En alimentaire, aucun texte n'impose de cartographie. Elle reste le moyen le plus sûr de répondre à une question que le plan HACCP pose de toute façon : à quel endroit de la chambre froide la limite critique doit-elle être surveillée ? Une sonde au centre mesure le point le plus confortable ; la cartographie trouve le point chaud, et c'est là que la mesure vaut quelque chose.
La méthode, en six étapes
- 1
Définir l'enceinte et l'état de charge
Quel volume exactement, quelle plage il doit tenir, et dans quelles conditions on le mesure : vide à la réception de l'équipement, puis en charge habituelle, portes et dégivrages compris. Les lignes directrices demandent des conditions représentatives de l'exploitation.
- 2
Placer les capteurs en trois dimensions
Aux angles, au centre, en haut et en bas, près de la porte, près de l'évaporateur ou de toute source de chaleur, et là où les produits sont réellement rangés. Le nombre dépend du volume et de sa géométrie ; ce qui compte est qu'aucune zone plausible de point chaud ou froid ne reste sans mesure.
- 3
Enregistrer en continu, en même temps
Tous les capteurs sur la même horloge, au même pas de mesure, assez longtemps pour couvrir les cycles de l'équipement, le jour et la nuit, et une journée d'ouvertures de porte. Pour un local ambiant, la saison fait partie des conditions représentatives.
- 4
Analyser : minimum, maximum, moyenne, par point
Pour chaque point, les extrêmes et la moyenne sur la période, comparés à la plage à tenir ; puis la carte qui en ressort : le point le plus chaud, le plus froid, le temps de retour en plage après une ouverture de porte, l'effet du dégivrage. C'est cette carte qui dit si le volume est qualifié, et où.
- 5
Placer la surveillance permanente au point le plus défavorable
C'est la raison pratique de la cartographie : les lignes directrices demandent que les dispositifs de surveillance soient placés d'après ses résultats, là où les fluctuations sont les plus fortes. Une sonde au milieu d'une chambre froide mesure le point le plus confortable ; la sonde utile est au point chaud.
- 6
Rédiger le rapport, et le refaire quand il le faut
Le rapport garde le plan de placement, la période, les courbes, les extrêmes par point et la décision : volume qualifié ou non, emplacement retenu pour la surveillance. La cartographie se refait selon l'analyse de risque et à chaque modification significative du local ou de l'équipement.
Sources
- Lignes directrices du 5 novembre 2013 concernant les bonnes pratiques de distribution en gros des médicaments à usage humain (2013/C 343/01), point 3.2.1 - la cartographie initiale avant mise en service, les conditions représentatives, le placement des sondes d'après ses résultats et sa répétition.
- Bonnes pratiques de distribution en gros (ANSM) - la transposition française de ces lignes directrices pour les grossistes-répartiteurs et dépositaires.
- OMS, série de rapports techniques n° 961, annexe 9, et son supplément sur la cartographie des zones de stockage - le guide de méthode : placement des capteurs, durée, analyse, rapport. Il proportionne tout au local ; c'est pourquoi cette page ne donne aucun chiffre.
Pour aller plus loin : les plages à tenir, produits de santé compris · la surveillance en pharmacie · la surveillance en logistique
Questions fréquentes
Une campagne de mesure qui enregistre la température en plusieurs points d'une enceinte ou d'un local, en même temps et pendant une durée représentative, pour connaître sa répartition réelle : les zones les plus chaudes, les plus froides, l'effet des portes, des dégivrages et des charges. Elle sert à deux choses : prouver que le volume tient la plage annoncée, et savoir où placer la sonde de surveillance permanente.
Pour le stockage de médicaments à usage humain, oui : les lignes directrices européennes de bonnes pratiques de distribution (2013/C 343/01, point 3.2.1) demandent une cartographie initiale de la zone de stockage avant sa mise en service, dans des conditions représentatives, et le placement des sondes de surveillance d'après ses résultats. En alimentaire, aucun texte ne l'impose ; c'est une bonne pratique qui donne au plan de maîtrise sanitaire le point où mesurer.
Les lignes directrices demandent des conditions représentatives, c'est-à-dire celles de l'exploitation réelle : la charge habituelle, les ouvertures de porte habituelles, les cycles de dégivrage. Une cartographie à vide renseigne sur l'équipement, pas sur ce que subissent les produits ; beaucoup d'exploitants font les deux, à vide à la réception de l'enceinte puis en charge.
Assez longtemps pour couvrir les conditions représentatives : les cycles de l'équipement, le rythme jour-nuit et les ouvertures de porte d'une journée de travail. Pour un local à température ambiante, la saison compte, et une cartographie d'hiver ne dit rien de l'été. Les textes ne fixent pas de durée en jours ; c'est l'analyse de risque de l'exploitant qui la justifie et le rapport qui la documente.
Selon les résultats d'une analyse de risque, et à chaque modification significative du local ou de l'équipement qui régule sa température : nouveau groupe froid, nouvelles étagères, nouvelle porte, déménagement. C'est le libellé des lignes directrices. Une sonde permanente placée au point le plus défavorable, elle, surveille en continu entre deux campagnes.
La campagne, puis la surveillance, avec les mêmes capteurs
Chaque KelvinTag enregistre en continu et horodate à la source ; l'historique de chaque point s'exporte en PDF. Après la cartographie, le capteur du point le plus défavorable devient la surveillance permanente, avec alerte dès que la plage est quittée.
Voir comment ça marcheVoir aussi
Les autres documents du dossier sanitaire, à télécharger ou à générer gratuitement.
- Feuille de relevé de températureGénérez une feuille vierge adaptée à vos enceintes froides et à leurs limites, prête à afficher en cuisine.Consulter
- Trame de plan de maîtrise sanitaireLa structure complète du PMS - bonnes pratiques d’hygiène, plan HACCP, traçabilité - avec vos enceintes déjà renseignées et les questions auxquelles répondre.Consulter
- Registre de traçabilité alimentaireRéception des marchandises ou déconditionnement : un cahier vierge prêt à remplir, avec les colonnes qu’attend un contrôle (lot, DLC, température à réception).Consulter
- Tableau des allergènesPlats × 14 allergènes à cocher, ou la liste de l’annexe II à afficher : le document écrit que la réglementation attend en salle.Consulter
- Plan de nettoyage et désinfectionLe plan zone par zone à compléter, et la fiche de suivi quotidienne qui prouve qu’il est appliqué.Consulter
- Températures de conservationLe tableau des températures réglementaires par catégorie de denrée : froid positif, surgelés et congelés, maintien au chaud, produits de santé.Consulter
- DLC et DDM : les dates de péremptionCe que chaque date veut dire, ce qui reste vendable ou servable une fois la date passée, et l’article du règlement 1169/2011 qui le dit.Consulter
- La méthode HACCPDéfinition, les sept principes de l’article 5 du règlement 852/2004, les douze étapes, la TIAC et ce que la formation exige réellement.Consulter
- Contrôle sanitaire en restaurantQui contrôle, quels documents sont demandés, les quatre niveaux d’Alim’confiance et ce qui peut suivre, du rappel de la réglementation à la fermeture administrative.Consulter
